dimanche 23 août 2015

Des Apuseni aux Detunata - 21/08



Nous quittons notre pension vers 11 heures du matin après une dernière douche.




Notre but est de nous rendre sur l'immensité karstique du plateau de Padis, où de nombreuses beautés géologiques nous attendent selon le Routard. La veille, le type du centre d'information des Monts Apuseni, nous avait dit qu'une nouvelle route permet de s'y rendre depuis notre côté des montagnes. Pour la rejoindre, nous nous engageons d'abord sur le même chemin que la veille, passant devant la grotte de Ionel. L'embranchement vers le plateau doit normalement se faire avant les grottes de Scarisoara. Grace au temps dégagé de tout brouillard bien qu'encore nuageux, nous le trouvons !
Nous nous enfonçons plus profondément à l'intérieur des montagnes. Ici, une nouvelle Roumanie se dévoile. Les charettes se font majoritaires, les vaches et chevaux paîtrent en liberté et les villages en bois sans électricité, semblent vivre en auto-suffisance. Nous avons de beaux panoramas sur ce domaine des Moti (prononcer Motz), une ancienne civilisation roumaine. Malheureusement, la route se termine subitement en haut d'une colline, au pied d'une église. Il semblerait que le gars du centre d'information ait été encore trop optimiste sur l'avancée des travaux...








Un peu tristes mais déjà ravis de ce que nous avons vu, nous décidons de rebrousser chemin et nous rendre dans un hameau qui serait accessible en voiture et serait proche de deux grottes. Seulement, là aussi, la route asphaltée s'arrête pour continuer sous une forme caillouteuse et défoncée. Je tente sur un kilomètre d'y embarquer la Bleue, mais décidément, non, ça ne va pas le faire. Il reste 6 kilomètres parcourir, nous envisageons sans grand enthousiasme de les faire à pied après un repas de pâtes que nous nous préparons. Une courte pluie a finalement raison de notre faible motivation et nous décidons de reprendre la route principale, voir ce qui se présente, et si nécessaire quitter les Apuseni, ce qui était prévu pour le lendemain.

Alors que nous atteignons le village d'Albac, le Routard indique une randonnée allant dans les hameaux dans la montagne. Nous ne trouvons pas le chemin et surtout ne voyons pas clairement où l'on pourrait garer la voiture de manière sécuritaire. Enfin... nous n'étions pas très motivés, soyons clairs !
Nous quittons donc le parc national et allons voir l'ancienne cité minière de Rosia Montana. Il est effectivement possible de visiter les anciennes mines d'or qui étaient exploitées depuis l'époque romaine. Tout ça, c'était en théorie dans le Routard. Dans la réalité, nous arrivons sur la très belle place du village où quelques bâtisses décrépis (mais bientôt rénovées) ou rénovées témoignent d'un passé plus glorieux. En revanche, le musée est fermé, un papier blanc ayant été scotché sur les horaires d'ouverture. Une rapide demande au café d'à côté semble attester que le musée est fermé « pour de bon ». Peut-être que les mines vont finalement être réexploitées, comme le craignait le Routard après qu'a été découvert un gros filon d'or...




Toujours est-il que c'est un énième échec de cette journée ! Nous continuons notre route et faisons un détour peu après pour atteindre le village de Bucium. De là, démarre une marche de 2,5km vers les monts Detunata, comme nous le confirmera un habitante du village. Ces monts de 200 mètres sont en effet composés de colonnes basaltiques issues d'un ancien passé volcanique. A mi-chemin de la marche, une bicoque en bois propose chambre, couverts et/ou rafraichissements. Nous y entrons, accueillis par des chiens d'abord menaçants, et allons prévenir le couple d'une soixantaine d'années y vivant que nous viendront manger chez eux au retour des montagnes.

Les dernières centaines de mètres se font principalement dans la forêt qui a poussé sur les éboulis des colonnes basaltiques. La vue sur les monts qui se dévoile est très sympatique, la forme de ces roches érodées étant assez impressionnante. Céline décide de ne pas en rester là, voyant qu'un marquage indique un chemin vers le sommet de ces monts. Je la suis, non pas sans envie, mais j'avoue fatiguer un peu et je redoute que ce chemin ne soit pas vers le sommet. Finalement, 10 minutes plus tard, nous voici assis sur le sommet en porte-à-faux. Le temps grisâtre mais non pluvieux nous offre un joli panorama sur les collines et petites montagnes avoisinantes, qui alternent entre forêts et prairies.







Lors de la redescente, comme prévu le couple « de restaurateurs » nous fait asseoir dans un grand préau au fond du jardin, où se trouvent des bancs et des tables. Il n'y a personne d'autre. Nous sommes content de nous être faits comprendre, car ils ne parlent quasiment que Roumain. D'un minuscule abri en bois faisant office de cuisine, Eléna, la dame, vient nous apporter un potage et une assiette de porc en sauce accompagné de cornichons à tremper dedans. C'est très bon et consistant. Le porc en lui même comporte pas mal de gras, et nous profitons des chiens devenus dociles et quémandeurs pour leur donner ces morceaux. Alors qu'elle nous apporte des sortes de cornes de gazelle fourrées à la confiture de baies sauvages, Eléna nous fait la discussion. A grand renfort de bruits et mots-clefs, nous parvenons à nous comprendre. C'est notamment non sans gêne, que nous apprenons que le chien à qui on a donné le gras de la viande – ce qu'elle ne sait pas – est âgé et ne doit plus manger de gros morceaux, prenant même des antibiotiques... Oups.... Nous passons quoi qu'il en soit un délicieux moment.
La maison du couple en arrière plan





Quand vient le moment de payer (15 euros en tout), un long quiproquo nous mettra tous mal à l'aise. Elle tentait en effet de nous expliquer que si l'on veut bien payer cette somme pas si bon marché pour la Roumanie, elle pourra nous donner des restes de cornes de gazelle qu'elle a fait en trop grandes quantités et qui seraient gâchés. Quand nous finissons par comprendre où elle voulait en venir, nous sommes d'autant plus ravis de payer un prix, qui pour la France, avouons-le, est ridicule. Alors le mari nous rejoint, nous montrant l'intérieur de sa maison ou encore des dessins faits par des volontaires étrangers (notamment de France), qui sont venus il y a quelques années donner des coups de main. Le couple est très ému de notre rencontre, nous multiplie les bisous, nous donne son adresse mail où le contacter et insiste pour que, lorsque l'on reviendra (si on revient un jour...), on dorme cette fois chez eux !


Pour cette fois-ci, nous n'avions pas prévu de dormir là-bas (où d'ailleurs il ne semble pas y avoir de douches) et souhaitons finir tranquillement la soirée dans la camionnette qui nous attend mal garée dans le village. Nous les quittons remplis de joie de cette rencontre et finalement dix kilomètres plus loin, trouvons un endroit au bord de la route où dormir avec la Bleue.

4 commentaires:

  1. Les cornes de gazelles étaient elles un dessert?
    Si le bout du monde existe, peut-être finirez vous par l'atteindre en roumanie!!!!!
    Un autre temps un autre siècle!!!
    Et toujours cette expèrience humaine.
    Bisous Papa

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    1. Les cornes de gazelle étaient bien un dessert.

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  2. ta soupe ressemble au minestrone de mamy ! superbe moment j'adore ! bisous mamounette

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    1. C'est exactement ce que je n'arrêtais pas de dire à Céline ! La soupe de Mamie !

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